David Sylvian : Small Metal Gods (Album : Manafon 2009)
Je ne vais jamais dans les cimetières je n'aime pas ça. Sauf en touriste. Pour les vielles tombes ou pour l'ambiance.
Le temps pour ce jour de repos est un temps de Toussaint. Gris, lent et morne. Un temps à traîner et à écouter le nouveau David Sylvian qui peut difficilement s'écouter en dehors de l'automne agonisant ou de l'hiver. Il parait austère comme une robe de bure (neuve)(je précise) au premier abord ce disque, tout autant, voire un peu moins, que le précédent, Blemish. Il faut le laisser pénétrer l'esprit, le corps.
La musique de David Sylvian c'est la feuille morte qui se décompose lentement sur le sol humide sous une bruine fine mais pénétrante comme sa voix. Le bruit de fond de la pierre et du bois humide. Les instruments sont ici accessoires même si on y entend les bruits étranges de Fennesz.
Les chrysanthèmes ocre seront vite fanés sur les tombes, la rue devant le cimetière retrouvera son calme habituel. On profitera de ce disque jusqu'au printemps.