Miles Davis : Nuit sur les champs Elysées (take 2) (Album : Ascenseur pour l'échafaud 1957)
L'air était clair comme il peut l'être en hiver. Je suis rentré tranquillement en prenant un chemin différent, j'ai emboîté la rue de Calais puis je suis descendu la rue blanche et filé par Chateaudun, pour remonter par la rue La Fayette.
Miles Davis était dans la voiture et j'ai repensé au film de Louis Malle, Ascenseur pour l'échafaud, aux scènes du Paris nocturne de l'époque, les phares des voitures et les rues bien moins éclairées, les voitures aux carrosseries imposantes, la démarche de Jeanne Moreau sur le rythme de la contrebasse, une lenteur qui n'existe plus, les vitrines qui scintillent.
Il ne jouait pas ce disque Miles dans la voiture, des choses plus modernes et plus électriques. Tout comme la ville maintenant.
J'avançais doucement, je pensais aux images floues de ce film, il me reste des images floues, ou bien est-ce que la netteté s'efface avec les années? Et le noir et blanc granuleux, comme de la fatigue sous les paupières. Parfois, certains soirs, basculer le monde en noir et blanc, pour le ralentir. Les images en noir et blanc sont plus lentes. Hier soir je roulais en noir et blanc.
(Pour PdB qui marche dans Paris la nuit)