Vic Chesnutt : Sewing Machine (Album : Skitter on take-off 2009)
Ici aussi on reprend le cours des choses si tant est qu'il y en ait un. Comme s'il ne s'était rien passé entre fin novembre et maintenant. A part les morts. Dont Chesnutt. Il avait sorti deux albums l'année dernière, avant de se suicider le jour de noël. Le second, enregistré avec le toujours fringant et affable Jonathan Richman ne lui aura pas redonné le goût de vivre pour autant. On sent assez peu la présence de Richman sur ce disque au dépouillement extrême (principalement guitare/voix) et à la tristesse hivernale. Des chansons en paysages ruraux déserts. On ne sort jamais des lacs gelés à perte de vue de Bashung. Encore un mort...
Des chansons à casser la glace le matin dans le lavabo gelé. La vie ça ressemble à ça, la pellicule de glace sur les eaux stagnantes du port les matins d'hiver. On essaye de marcher dessus sans la briser et sombrer. Ça tient du numéro d'équilibriste parfois. Avec son fauteuil roulant qui devait lui peser sacrément lourd, Chesnutt est passé au travers.
(Pour la petite histoire, Sewing machine est un morceau qui figurait dans une version bien plus électrique, sur le premier album de Brute, un side-project de Vic Chesnutt)