The Normal : Warm Leatherette (
Il y avait bien eu avant, le premier singles des Buzzcocks, Spiral scratch, sorti en janvier 77 sur leur propre label (New Hormones) et c'était un des premiers groupes punk à procéder de la sorte. Il y avait aussi eu The Residents à San Francisco et leur label Ralph Records dès 1972. En France, Richard Pinhas avait déjà lui aussi son label Disjuncta dès 72.
Mais un des groupes qui a vraiment lancé le mouvement DIY (pour Do It Yourself)(fais le toi-même) en Angleterre, ce sont les Desperate Bicycles avec leur premier single, Smokescreen/Handlebars, sorti en mai 77 sur leur label Refill Records créé pour l'occasion.Il leur en avait couté 153£ (et non pas 125£ comme le dit Simon Reynolds dans Rip it up and start again) pour réaliser les 500 exemplaires. A la fin d'Handlebars ils chantaient leur mot d'ordre : It was easy, It was cheap, GO AND DO IT!!!". Un équivalent au fameux Here's three chords... now form a band, le manifeste punk paru dans le fanzine Sniffin' Glue fin 76.
Au dos de leur 2ème single (153£, regarde Simon, c'est marqué) sorti quelques mois plus tard, ils enjoignaient les acheteurs du single à faire de même (cliquer sur la pochette). Le Melody Maker leur avait consacré un article où ils expliquaient comment faire simplement un disque. C'est d'ailleurs ce mot d'ordre et cette façon de faire qui sont restés plus que leur musique (on peut écouter). Ils furent légion à suivre leur conseil. Le mouvement DIY allait exploser et être un des fondements essentiels du mouvement post-punk, et être à la base du développement des labels indépendants.
C'est là où Daniel Miller entre en scène. Miller était un passionné de musique allemande, Can, Faust, Kraftwerk...A la suite de l'article du Melody Maker il s'achèta un synthé Korg d'occasion (un 700S) et enregistra deux titres dans sa chambre sur un magnéto à bandes 4 pistes. Dès le départ, sa démarche était de vouloir sortir sa musique sur son propre label.
Mute était né et son single sorti en novembre 1978 sous le nom de The Normal porte référence MUTE 001. Comme pour beaucoup de ces petits labels, la distribution était assurée par la boutique Rough Trade (et le label qui démarrait à peine).
Warm Leatherette, avec ses gros sons de synthés analogiques et son beat répétitif, est un chef d'oeuvre irrésistible d'electro-pop/punk, d'une modernité toujours aussi efficace même plus de trente ans après. Influencé par le Crash de J.G.Ballard (d'où la photo de la pochette), la chanson raconte l'histoire d'un couple faisant l'amour en urgence dans leur voiture accidentée en train de bruler. Le titre Warm Leatherette, évoquant le revêtement des sièges en train de fondre sur leur peau.Ce n'était pourtant que la face B du single. Sur la face A on trouvait T.V.O.D. dans la même veine musicale que sa petite soeur.
Le single se vendit à 30 000 exemplaires et influença énormément la scène synthpop et plus tard électro. Étrangement (ou pas d'ailleurs), Miller arrêtera là sa carrière musicale (malgré quelques collaborations éparses) et se consacra à son label en signant Fad Gadget puis rapidement le duo Allemand de D.A.F. et plus tard les principaux artistes de la scène synthpop qu'il avait contribué à faire émerger avec T.V.O.D./Warm Leatherette, dont Yazoo, Erasure et surtout un petit groupe de Basildon qui reste le plus gros succès du label (et aussi un des plus fidèle puisque Depeche Mode est toujours chez Mute).
On pourrait réécrire l'histoire en disant que j'ai acheté le single à sa sortie. Mais la première fois que j'ai entendue cette chanson, elle était chantée par Grace Jones au début des années 80... sans même connaître alors la version originale...
(Les curieux pourront se procurer cette belle (comme d'hab') compilation Soul Jazz Records sur le mouvement D.I.Y. anglais)
On se voit comme sur une photo en couleur, assis par terre dans une pièce au parquet déjà usé. On a le regard perdu derrière la fenêtre. Le temps passe, la pièce est vide, la photo perd ses couleurs, devient en noir et blanc,elle vieillit. Un noir et blanc un peu sale. Alors on se lève et on quitte la photo, en époussetant ses épaules de la poussière accumulée durant toutes ces années. On aperçoit fugitivement dans le miroir accroché sur le mur de la photo, les cheveux gris qui n'étaient pas là avant. On sort du cadre. Dehors le ciel est gris.
Le son de son violoncelle, léger et dur en même temps, comme une pierre ponce, court sur la peau en frissons dangereux. Les filles et leur violoncelle ont quelque chose d'une sensualité floue qui fascine. Peut être la position de l'instrument, serré entre leurs cuisses ouvertes, la danse des doigts ou du bras tenant l'archet et caressant les cordes. Un grain sonore plus palpable, comme une voix rauque, à la Anna Mouglalis, de celles qui te titillent le bas de la colonne vertébrale.
A partir du moment où elle a été mariée à Keith Tippett, Julie Driscoll n'a pas seulement changé de nom, elle a aussi fait évoluer sa musique vers des versants beaucoup plus jazz (voire expérimentaux) que précédemment, lorsqu'elle était plutôt une chanteuse de folk/blues au sein du groupe de Brian Auger.
La musique transporte dans le temps. Toujours en arrière. Celle d'Eyeless in Gaza (dont le nom vient d'un roman d'Aldous Huxley) ramène systématiquement au début des années 80.
La goutte d'eau qui tombe d'abord. Venue de nulle part. Le brouillard c'est de l'humidité. Un do joué à la contrebasse puis une nouvelle goutte d'eau. Les cordes, en pizzicato, registre aigu, la contrebasse joue un la et c'est parti. Les pizzicati des cordes dans le registre grave dessinent des contours encore un peu vague mais comme un pantin qui prend vie, les instruments et les notes se mettent tous en mouvement, s'ajoutant les uns aux autres, comme des taches de couleurs apparaissant une à une sur un tableau pointilliste à la Seurat. Juste quand arrivent les trompettes. Avant la voix.
Le 12 mars 1984, débuta en Angleterre une 
Je me souviens de nos moments de flottement au début des années 90. On trainait les pieds pour ne pas vieillir trop vite. Ça donnait même l'impression de fonctionner. On ne distinguait pas encore les illusions de nos espoirs. Ça vient toujours trop tôt. Ou trop tard va savoir. Toujours avant qu'on ne le souhaite vraiment.
Now I've heard there was a secret chord, that David played, and it pleased the Lord, but you don't really care for music, do you?
C'était quoi ce dimanche et tous ces gens qui meurent? Il y a des moments où l'on ne comprend plus rien à la vie. Ou bien ce monde sombre un peu plus un peu plus vite encore dans le chaos cette année. A Hong-Kong un type balance de l'acide sur la foule depuis les toits.
Il faudrait peut être parler de la belle exposition
Parfois je me souviens des vagues de froid des hivers 84/85/86, l'hiver c'est à cheval, du coup on ne sait plus vraiment l'année après tout ce temps passé. Je me souviens mais je ne me souviens pas de grand chose en fait. Juste quelques détails sans importance. Ce sont des souvenirs où je n'entends pas de musique.
L'eau du port était gelée ce matin, dans la nuit froide et brillante. Ça ne fait que deux jours que l'on a repris la litanie habituelle du quotidien. Lever toujours trop tôt. La même route. Le reste. Se calfeutrer hier dans le bureau, pour éviter le défilé des voeux pénibles. Tout petit déjà, je détestais ça, souhaiter la bonne année. Sans savoir pourquoi. La timidité ou autre. Il a dû en rester quelque chose.
Des histoires de gens simples. Ou bien compliqués. Parce que la simplicité ce n'est pas si évident. Des histoires de solitude, de vie ordinaire, des histoires de filles qu'on a ratées, de lassitude, ou de petites lâchetés quotidiennes, tu sais pas des choses graves. Des histoires de gens qui ne s'en sortent pas de la vie. Des histoires comme celles que l'on pouvait entendre parfois quand j'étais petit, dans le
"[...]On en est là on vit on vieillit. On se pose des questions qu'il ne faudrait pas. Le soir tard je mets ce disque et j'essaye de ne pas me poser la question. La mauvaise question. C'est quand qu'on va mourir ? Parce qu'elle fait penser à ça cette musique. Me demande pas pourquoi. Je crois bien que dans ces violons là, je retrouvais quelque chose d'un vieux disque de l'adolescence. Mais ça n'explique rien.