J'ai éteint la lumière dans le salon. Il est tard et je regarde au travers de la vitre froide, derrière le voile des rideaux, la lumière orange des lampes au sodium des lampadaires, noyant dans un halo orangé les branches noires et nues des arbres dans le brouillard de cette nuit froide.
J'ai éteint la lumière pour mieux entendre la voix de Robert Wyatt sur cette chanson magnifique. J'ai eu envie toute la journée, de bras chauds et doux autour de moi, de mains caressant ma nuque, de lèvres douces sur ma peau. J'ai froid. J'ai fait un pas de plus ce soir vers les perfidies de l'âge qui ronge le corps en allant faire corriger ma presbytie naissante. Il y a dans cette chanson, quelque chose qui touche mon âme et mes sens au plus profond. Comme si la mélodie et les mots se connectaient directement sur mes terminaisons nerveuses. Dans les fausses ténèbres de la pièce, je me suis laissé envelopper par la voix envoûtante et poignante, à défaut de bras tendres, le regard perdu vers l'extérieur, vers cette lumière orange irréelle, laissant la plainte du violon bercer ma mélancolie lancinante...
I've got to choose between tomorrow and yesterday I can't stop to think about my life, here today
Maybe I'll find someone to get you off my mind Take me away from here and leave it, leave it all behind