Je pense 29 : Pinback : Sender (Album : Summer in Abaddon 2004)
Je pense que je ne sens pas cette journée, dès le réveil. Je pense à ce disque que j'ai mis tous les matins cette semaine en arrivant au bureau. Je pense que j'écoutais ça dans le train fin 2004 début 2005, ça fait déjà longtemps. Je pense que j'ai laissé un de mes fantômes dans cette ligne de TGV. Je pense que j'ai bien aimé ses "je pense" alors je lui pique l'idée. Je pense que je manque d'originalité. Je pense que j'aime bien rebondir. Je pense au Parc Güell en allant au bureau, à la terrasse qui domine la ville avec ces bancs, ces mosaïques, où l'on s'était pris en photo sous le soleil. Je pense que le temps s'est perdu depuis. Je pense qu'il y a un de mes fantômes là-bas aussi, comme dans les escaliers da la Sagrada Familia. Je pense que tu n'as pas oublié. Je pense que je ne devrais pas écrire ça. Je pense que j'écris trop. Je pense que ça suffit, mais la pensée est encore trop fragile. Je pense que j'aime lui écrire. Je pense que j'ai dû écouter cette chanson au moins trente fois cette semaine. Je pense à Jeff Buckley. Je pense à un train entre Marseille et Toulon. Je pense au soleil, à la chaleur. Je pense à tes larmes sur Hallelujah. Je pense que tout se mélange, les personnes, les lieux, les années. Je pense que je passerais bien ma main dans tes longs cheveux, ta tête posée sur le haut de mes cuisses, ma main sur ton ventre. Je pense qu'il y a des choses que je ne veux pas gâcher. Je pense que c'est parce que Cat Power chantait Nude as the news dans la voiture que j'ai froid. Je pense est-ce que les fantômes vieillissent comme nous? Je pense que j'irais bien à Lisbonne. Je pense que son sourire est différent quand elle passe dans le bureau depuis que l'on s'est écrit cette semaine. Je pense à mon père à cause de ce chanteur. Je pense que dans quatre ans j'aurais l'âge qu'il avait lorsqu'il est mort. Je pense que je vais jamais te voir j'aime pas ça. Je pense que je ne sais pas jouer de l'harmonica. Je pense que tu m'as manqué bien des fois...
Je pense souvent que je n'ai pas l'impression d'avoir toutes ces années et pourtant elles me pèsent. Je pense que je devrais écrire des lettres dans le vide, à des inconnues. Je pense que je ne trouve pas ma place. Je pense qu'il est trop tard. Je pense qu'il y a des moments où j'ai toujours autant besoin d'être rassuré. Je pense que je ne ressemble à rien. Je pense qu'elle a fermé les yeux et ça m'a fait plaisir. Je pense que parfois j'ai envie de crier. Je pense qu'elle va perdre son bébé et ça me rend triste pour elle. Je pense que je retournerais bien à Etretat en écoutant Belle & Sebastian dans la voiture. Je pense que je suis maladroit trop souvent. Je pense au lent trajet du train entre ces montagnes avec cette musique toujours, encore. Je pense que je vais finir par t'écrire. Je pense que ça me fait peur. Je pense que j'en ai marre de fuir. Je pense à cette ville, encore une autre, toujours des villes. Je pense que je devrais lui proposer d'aller boire un thé place de la Sorbonne la prochaine fois que j'y passerais. Je pense à vendredi prochain. Je pense à V en passant à coté de chez elle ce midi. Je pense qu'elle a sûrement déménagé après toutes ces années. Je pense que ce n'est peut être pas si mal ce que je suis. Je pense que je suis content de savoir jouer cette chanson de Joseph Arthur. Je pense que la journée à passé comme cela. Je pense qu'elle n'est pas encore terminée. Je pense que j'ai encore peur de lire le livre de l'intranquilité de Fernando Pessoa. Je pense que je devrais prendre les choses une par une et pas toutes de front pour finalement plus rien. Je pense que j'écris trop souvent le mot finalement, comme une fatalité. Je pense que j'aime bien son parfum. Je pense que j'ai bien fait de changer les citations sur le mur de mon bureau. Je pense que je vais lui parler des blogs. Je pense que ça va être difficile de ne pas lui parler de cet endroit. Je pense que je pense trop...