Tiny tears 27 : Sophia : Are you happy now? (Album : Fixed water 1996)
All I remember is how much you liked it, when I ran my hands through your hair. J'ai revu tes jolis yeux bleus hier en regardant les photos de cette ville. Sur l'une d'elles, prise sur le toit de cette maison extraordinaire, je n'avais jamais remarqué comme ils semblaient déjà me dire je suis désolée avant l'heure. Cela m'a frappé. Je n'ai sûrement pas voulu le voir avant...
Je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer dans la voiture ce matin en écoutant cette chanson, perdu dans la marée descendante de mes pensées. Je croyais pourtant avoir eu assez de larmes hier. Et puis il y a toutes celles qui ne coulent pas, ou plutôt celles qui coulent à l'intérieur, sûrement les plus acides. Pourtant j'ai mis un gros pull avec un col montant, pour me sentir entouré, comme un substitut douillet à des bras doux.
Tu vois, c'est bizarre comme je voudrais que tu lises ça, parce que si je m'interdis de t'écrire forcément j'en crêve d'envie en même temps. Juste pour te dire que je viens peut être seulement de comprendre combien il est difficile de gravir les hautes marches entre l'intérêt pour une personne et le désir, et puis celles encore plus hautes entre le désir et l'amour. J'ai sûrement trop demandé. Oh I try to understand but I just hurt you instead, are you happy now. Mais je crois que tu ne viens plus. C'est peut être mieux... je n'en suis pas sûr... je ne suis plus sûr de rien, même pas de mes incertitudes... pourtant "C'est l'incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume" comme le dit Oscar Wilde.
Et puis je relis ce livre depuis quelques soirs. Je vais doucement. Comme un thé trop chaud que l'on boit par petites gorgées. Il est chez toi ce livre aussi. Je ne sais pas pourquoi je donne tout le temps mes livres de Philippe Besson. Samedi encore, c'était dans le métro et ça m'a fait plaisir.
Voilà. Je voulais juste lancer ces quelques mots en l'air en me disant que peut être un jour (un jour ou deux...) ils retomberont par terre...
"Les êtres pleurent quand ils sont blessés, quand ils ont mal [...] C'est une histoire aussi vieille que l'humanité. C'est ce qui fait le lien entre les générations depuis des siècles, les larmes. C'est quelque chose qui se transmet, mieux que la parole peut-être. Les larmes, c'est un langage. C'est aussi ce qui fait se ressembler les gens, puisque les visages du chagrin sont un seul visage. [...] Avec les larmes aussi, on est au plus près de la vérité des hommes."
Philippe Besson : L'arrière-saison