It was you 35 : Gravenhurst : The diver (Album : Flashlight seasons 2004)
6h30. Le sommeil s'échappe de mes mains et vient se fracasser sur le sol. Brutalement. Tu es là. Immédiatement. Dans mes pensées. Je retiens mon bras qui voudrait chercher ton corps à mes cotés. it hits me again. Toi. Comme une onde de choc, alors que les poussières de sommeil me recouvrent encore. Tellement présente dans toute la force de ton absence. Je me tourne. Me retourne. Je veux me rendormir avec toi, mais le sommeil est brisé, là, par terre, à coté de la pile de livres. Je me tourne. Me retourne. La musique finit par se faire entendre. Je laisse couler une chanson, deux, puis trois. Juste pour rester, les yeux fermés, quelques instants encore, avec toi, même si je m'enroule doublement dans la couette pour ne pas sentir ce vide.
Je fais couler l'eau dans la douche, chaude, presque brûlante. Les doutes me coupent le souffle subitement. it hits me again. Les vieux doutes, ces fantômes inextinguibles, se réveillant en même temps que tous ces tiraillements exquis. Il y a tellement de bruit à l'intérieur depuis quelques jours, je comprends leur réveil. Je fais couler l'eau encore plus chaude pour chasser ces frissons. Cette chanson dans la voiture, comme hier soir, et les mots de dimanche me reviennent à l'esprit, au bord des yeux, après avoir fait leur chemin. Cette chanson. it hits me again. Ces doutes toujours, cette boule d'angoisse dans le ventre en montant les escaliers. J'ouvre ton enveloppe avec tes mots posés sur le papier. Je sens ce vide s'ouvrir sous mes pieds et ce vent chaud agglomérant en un éclair violent, toutes les particules de confiance disséminées que je croyais perdues. Alors j'ai plongé dans ces mots que tu as tus si longtemps. Ces mêmes mots que je cachais, enfouis, au fil de ces mois, de ces années mêmes. Ces barrières méticuleusement ouvragées pour masquer ce que je n'imaginais pas pouvoir exister, ces barrières volant subitement en éclat. Et tout ce passé qui vide soudainement son énorme panse. Emotions censurées, j'en ai plein le container. Tout a explosé, je reste sous cette cascade chaude et bouillonnante. Et tous ces mots en échos lumineux...
J'avais écrit, il y a longtemps, au coeur de la dépression, le problème des désirs parallèles est qu'ils ne se rejoignent pas. J'ai dû atteindre l'infini, pour que nos droites, enfin, puissent se rejoindre...