"Je me demande parfois si tout ce que j'ai oublié s'est logé quelque part. Si tous ces évènements, ces mots, ces sensations, ces gestes accumulés me constituent un peu, me font une manière de socle, ou bien si j'ai grandi sur du vide, un sol qui se dérobe."
| Les falaises, le ciel, la mer scintillante sous le soleil, le vide, le vent, la chaleur. Nos désirs, entremêlés. La peur, désagrégée. Je repense à ce livre d'Olivier Adam. Ces falaises. Suivant les instants. Vouloir voler. Ou vouloir chuter. On tourne comme un miroir à facettes. Je voyage dans le temps tu sais parfois. Je ferme les yeux et je nage dans le passé. Tu dis l'âge ce n'est rien. J'aime ces aplombs de calcaire blanc sur cette mer verte, bleue, grise, suivant les fonds marins et le voyage des nuages. Et le ciel, toujours, comme tes yeux, pur et ton vide m'attire. Le son des galets roulants au gré des vagues, tes lèvres, c'était beau ce son, je parle de son, pas de bruit, c'est différent et j'ai des pensées comme des rêves parfois, comme dimanche matin, au soleil, près du port, thé au lait, je ferme les yeux et quand je les rouvre tu es toujours là, le bleu c'est la couleur de la sérénité. Mots incohérents poussés par le vent, comme s'ils partaient avec ces lambeaux de peau morte, s'envolant comme des papillons éphémères. Tu me nettoies des toxines de l'existence. Comme un gommage. Juste des images. Mais c'est ce que l'on garde. Des images. Des images bleues. Comme la terre orange de Paul Eluard. Ces falaises. Je l'ai lu il y a quoi, 6 mois, ce livre, moins que ça. Souvenirs de tourmente. Tu dis, le désir… les désirs… Tu dis je m'en étonne... tu dis j'ai aimé faire... tu dis on était emmêlé cette nuit, nos jambes, tu ne t'es pas réveillé. | ![]() |
| Parfois c'est comme de découvrir une vieille malle enfouie dans le grenier de nos passés agités. La malle où j'avais enfermé les sensations de ces instants maintenant présents. Le reste, les étincelles, la nuit bleue, toujours, les corps, imbriqués, le doux, le chaud, les mots, sourires, la peau, le plaisir, le reste, l'indicible, les regards, toi, tes émotions, cette sensibilité que je peux palper, par instants. Le reste. L'indicible. La vie, c'est juste un équilibre. "Ne rien oublier. Ne rien perdre. Tout conserver à l'intérieur et que rien ne s'échappe." Olivier Adam : Falaises | ![]() |

