| Ah voilà, c'est lundi comme tous les lundis, pas une surprise en soi, peut être juste un peu moins d'envie à chaque fois. Sur Time fades away, l'album que Neil Young déteste le plus au point d'en refuser sa réédition en CD, la dernière chanson s'appelle Last dance. Wake up it's Monday morning, no time left to say goodbye…. Un album tendu, plombé, témoin des heures difficiles de Neil Young à l'époque, culpabilisant sur la mort de Danny Whitten (en même temps ça peut se comprendre… Il avait refusé le guitariste du Crazy Horse, Danny Whitten, pour cette tournée, celui-ci étant trop défoncé pour jouer. Neil lui a filé 50$ et un billet retour pour Los Angeles. Le soir même il était retrouvé mort d'overdose dans sa salle de bains…). Tout le ferment de Tonight the night, son album de deuil, un des disques les plus sombres jamais publié, comme le noir mat de la pochette (basé sur les morts de Whitten et d'un roadie de CSN&Y (Bruce Berry was a workingman...) viré pour avoir volé une guitare de David Crosby et retrouvé lui aussi mort d'overdose quelques temps plus tard...)(et l'album s'ouvre et se referme sur la même chanson, comme un couvercle de cercueil que l'on ouvre et referme)) est dans ce disque à la pochette terne dont la chanson éponyme ouvre la première face avec ces Fourteen junkies too weak too work…. Time fades away, c'est un morceau de papier peint à fleur, un peu moisi, se décollant du mur d'une maison abandonnée. Wake up it's Monday morning... Lundi, mardi etc le jour importe peu. La chanson est répétitive. Pesante. Avec sa litanie de Oh no. Elle fait mal, on est loin d'Heart of gold Et les guitares pilonnent les accords majeurs comme une fatalité. | ![]() (Dessin de David Scrima) |
J'ai du mal à me souvenir, cela remonte à loin, mais je crois que c'est le premier album de Neil Young que j'ai acheté. En 1976 ou 1977. J'inscrivais à l'époque sur une grande feuille de papier les disques que j'achetais. Dans l'ordre d'achat. J'ai perdu cette feuille (ou elle est en train de moisir dans le grenier chez ma mère). Dommage, j'aimerais bien pouvoir reconstituer la chronologie de mes 50 ou 100 premiers disques. Il y en a certains pour lesquels j'ai gardé le souvenir précis de leur achat, très présent, à pouvoir donner le mois et l'année où je les ai acheté, mais d'autres se sont noyés dans le temps dilué. Toujours est-il que je crois bien avoir acheté celui-ci avant Harvest. Avant Decade même.
You can live your own life, Making it happen…. J'ai toujours voulu voir une analogie entre cette chanson et They shoot horses, don't they?, le film de Sydney Pollack (On achève bien les chevaux en VF) où, en pleine dépression de 1929, on voit ces couples danser jusqu'à l'épuisement pour essayer de gagner une prime misérable lors d'un dance marathon.
Monday morning,
Wake up, wake up, wake up, wake up
Its time to go,
Time to go to work.
Je préfèrerais être On the beach. Mais c'est une autre histoire…
(*) Note de l'auteur : Jeu de mots entre Neil's yard (la cour de Neil) et Neal's yard, nom de la ruelle colorée où se situe la 2ème boutique Rough trade à Londres (on s'amuse comme on peut).
