J'aime bien les dimanches d'élections où je retourne dans mon école primaire, puisque je suis toujours inscrit sur les listes électorales de mon ancienne commune, celle où je suis né.
| Même si maintenant je vote dans le réfectoire semi enterré dont l'entrée se trouve à l'arrière de l'école, dans cette rue qui a toujours été triste et grise, aux jardinets mités et aux immeubles étroits. Malheureusement je ne vote plus à l'école des filles, lieu de tous mes fantasmes jusqu'à 9 ans lorsque j'étais de l'autre coté du mur, à l'école des garçons. Je ne sais si ce sont les années qui modifient mon regard, mais cette banlieue me semble à chaque visite un peu plus rouillée, délabrée. Du moins certaines rues ou quartiers puisque de plus en plus fleurissent des résidences rutilantes à la place des vieux pavillons de famille aux jardins étriqués ou des anciens immeubles dont certaines façades s'effritaient déjà à l'époque, mais qui font parties des paysages de mon enfance. La proximité immédiate de Paris aura attiré les promoteurs et la ville est en train de changer complètement. Je regrette de n'avoir pas su garder la mémoire de certains lieux maintenant détruits. | ![]() |
Je lui ai expliqué que le pavillon qui se trouvait juste derrière était celui où je jouais quand j'étais enfant. Je lui ai parlé de l'usine derrière, des ouvriers qui blaguaient avec nous dans la cour sur laquelle donnait l'arrière du pavillon, de la cuisine à gauche en entrant, le salon à droite, de la grande chambre au fond où se trouvaient quatre lits au quatre coin de la pièce. Je lui ai dit que ça me faisait drôle de savoir que tout allait disparaître, que c'était comme de gommer un bout de ma mémoire. Je ne suis même pas certain de lui avoir gâcher son déjeuner... manquerait plus que le résultat de ce soir désastreusement à droite...

