200 I don't know : The Velvet Underground : Sad Song (démo) (Album : Peel slowly and see box set 1995)
Il fait tristement gris, comme si le temps reflétait notre morosité. Alors bien sûr maintenant il va falloir être vigilant, ne pas se laisser endormir, le danger est là.
C'est la 200ème chanson. En 17 mois. Sur le précédent blog, il y en avait eu 416 en 22 mois. Tout ce temps qui s'écoule insidieusement est assassin.
Alors c'est Nicolas 1er. Ces cinq dernières années ont passé si vite et en même temps avec une telle densité. Parfois je ne suis pas certain de bien réaliser.
En rentrant de Vienne il y a dix jours, j'ai l'impression que c'est déjà si loin, alors que l'avion approchait de Roissy, on voyait toute la partie nord de l'agglomération Parisienne. On a été frappé tous les deux au même moment, par toute cette densité urbaine effrayante. C'est la première fois que je la prenais en pleine face, comme ça, comme une gifle, alors que j'ai atterri plus de cinquante fois à Roissy ou à Orly. Etait ce le contraste avec Vienne? Ou bien le fait de sentir comme une agression, une menace, la source de bien des maux, cette concentration étouffante et opprimante avec toutes ces âmes et ce béton dans une masse informe? La région Parisienne vue du ciel ressemble à une compression de César...
Un autre anniversaire est passé il y a quelques jours, triste et gris, comme le temps aujourd'hui.
Pour la première fois depuis très longtemps, un peu sous l'influence de Vienne, mais pas seulement, parce que j'avais besoin hier soir de me sentir hors du temps, j'ai mis le quatuor n°16 de Beethoven, pour sentir la tension des archets, des cordes. Sur la partition de celui-ci, il avait inscrit Muss es sein ? Es muss sein ! (Le faut-il ? Il le faut !) qui rappellera quelque chose à ceux qui ont lu L'insoutenable légèreté de l'être...
Sad song mal dégrossie sur fond de mur de Berlin, espoirs factices sous l'étouffoir, faut-il s'en foutre après tout, la légèreté on court après, des mots qui tombent comme des grains de poussière, dehors la pluie tombe dans la lumière, il en restera quoi de ce temps froissé dans nos doigts maladroits, la mémoire est importante, des peurs conscientes ou non, rampantes et sournoises comme des vers pernicieux, continuer alors, le faut il? Il le faut.