Je lis dans Le Monde que Nicolas S., président de son état, dans la lettre de mission donnée à la ministre de la culture, indique qu'il veut imposer des obligations de résultats aux structures subventionnées, théâtres, scènes nationales etc. Ceux-ci devront être jugés sur la popularité (je souligne à dessein) de leurs spectacles. Je vois bien ce qui se profile derrière ces propos, rien d'autre qu'un nivellement par le bas de la culture comme du reste.Que l'on fasse de la culture populaire c'est une chose, de la culture populiste en est une autre. Que ce président à l'inculture crasse veuille nous imposer en sous main ses goûts minables de parvenu (Bigard, Chimène Bady, Johnny Hallyday, C.Clavier et j'en passe…) est insupportable.
Imposer des critères de résultats, de popularité, c'est la négation de la création artistique, dans un pays où l'enseignement de la culture est déjà quasi-inexistant à l'école. Privilégier la popularité à l'enseignement de la culture, à l'ouverture, à la création, voilà le programme sans surprise de ces peignes cul.
Je crains que bientôt, on ne voue aux gémonies, des livres, des artistes, l'art moderne. Le spectre des autodafés de Fahrenheit 451 se profile à l'horizon.
Je me souviens avoir vu au collège, il y a bien longtemps, j'étais en 5ème ou en 4ème, on était en 1973 ou 1974, une troupe de comédiens donner une représentation théâtrale tirée du livre de Bradbury dans une salle des bâtiments en préfabriqués qui servaient d'annexes au collège. Cette représentation était-elle populaire auprès des élèves de l'époque moi compris? Non. Mais plus de trente ans après je m'en souviens et j'ai perçu, même si cela n'était qu'effleurement, l'importance des livres, le sens du mot autodafé et la fragilité de la liberté d'expression.
Je crois que je vais le relire ce livre, pour me maintenir en colère...
(Pour ceux qui ont la vue basse, sur la guitare de Woody Guthrie il est écrit "This machine kills fascists". We need more guitars... )