Metal box dans la voiture. La basse lourde et entêtante d'Albatross, comme la fatigue qui bat les tempes et brûle les yeux dès le matin. La guitare aigrelette grinçante et oxydée. Comme la Metal box, la vraie, celle avec les maxis à l'intérieur. Une chanson hypnotique, guide somnambulique matinal me tirant sur le chemin du bureau. Je sens mon corps oxydé comme cette vieille Metal box après toutes ces années. Les paupières sableuses, l'impression d'être enveloppé d'une gangue aux pointes hérissées vers l'intérieur. La basse traîne et balaye derrière moi les particules de poussières du sommeil désagrégé se détachant de ma peau.
Arrêté sur le pont, la Marne semblait légèrement cotonneuse. Albatross again.
C'est étrange la fatigue parfois, c'est comme si les veines charriaient de la boue. Je crois que ça fait du bruit aussi, la fatigue, une sorte de bruit de fond. Incessant. Un grondement sourd et lointain comme une machinerie infernale souterraine, inatteignable, comme des acouphènes en fréquences basses.
C'est le matin qui plombe en fait. 5h50. Blink. L'heure de l'évaporation. L'humidité retombe plus tard, après 7h00 mais c'est trop tard. La semaine c'est trop tard.
Getting rid of the albatross... Le sommeil envolé, il reste des matinées lourdes comme des fins de journées, avec des gueuses en plomb à traîner à chaque pied.