265 Monday stress : Fred Frith et René Lussier : Ketsui (Album : Nous autres 1987)
Mal réveillé, envie de rien, ça sent la journée merdique d'entrée de jeu. Il faisait froid dans le bureau. Comme un imbécile, j'ai bougé le thermostat du radiateur électrique sur le coté de mon bureau pendant une heure avant de comprendre que le bouton était sur arrêt.
Pas moyen de trouver un disque satisfaisant dans cette atmosphère de chiotte. Je passe de l'un à l'autre après une ou deux chansons dans le choix malheureusement limité (mais constamment renouvelé) dont je dispose au bureau. Après un pirate des Ramones très méritant, l'album des Battles (celui avec la batterie jaune sur la pochette déjà évoqué plusieurs fois) a curieusement presque emporté la mise ce midi mais comme bien souvent, j'abandonne l'écoute avant la fin.
Il faut bien comprendre que je ne sais faire que ça, écouter des disques. Ce n'est pas si simple. Il faut trouver le bon. Celui qui colle le mieux possible au moment présent. Celui qui fait basculer la journée du bon coté.
Finalement quand je n'accroche sur rien, je me rabats sur le bizarre afin de sortir des sentiers battus. L'album de Fred Frith (oui encore lui)(c'est sa saison) et René Lussier était parfait aujourd'hui, avec la voix de Tenko Ueno sur ce titre (pas obligatoirement représentatif de l'ensemble), dansant sur les nerfs épileptiques de mes lassitudes professionnelles. Il est étrange ce disque, à l'atonalité subtile et maîtrisée, parce qu'il me fait penser à un tableau qui serait réalisé avec des tessons de bouteilles et du verre pilé. Quelque chose de beau, de transparent, mais également coupant, blessant si on n'y prend pas garde.
Et puis comme le hasard n'existe pas, un des premiers disques de René Lussier s'appelle Fin du travail, c'est juste ce que j'espère...