282 Paint the day black : Dälek : Paragraphs Relentless (Album : Abandonned language 2007)
Un jour mou comme un ballon crevé. Froid et humide. Presque inquiétant. A sentir la suie de la ville se coller sur la peau. Ca ressemblait trop à l'atmosphère de Dälek pour ne pas l'écouter. Une pulvérisation sonore de peurs urbaines. Une menace rampante. Ce monde finit par n'être qu'une menace.
Pas un jour à racler le pavé. Il faudrait rester chez soi. Parce que même au bureau on sent le froid dans les doigts, comme s'il y avait quelque chose qui ne coulait plus dans les veines.
Il manque aussi quelques paragraphes implacables pour les coller sur des toiles. Des mots en relief, aux couleurs et textures minérales et râpeuses (rapeuses?).
Je regardais les toiles vierges l'autre soir, essayant de deviner leur grain. Je regardais les tubes de couleur, les brosses les pinceaux. Pas certain de savoir et encore moins de réussir à placer comme ça sur la toile, les couleurs et matières qui me trottent dans la tête. Ces jets violents sur fonds sombres se dessinant en persistances rétiniennes, comme des sons hurlants déchirant l'air sur fond de grondement de toms appuyés et de basses distordues. Une sorte d'illustration du terrifiant Six litanies for Heliogabalus de John Zorn (la lecture de la chronique est fortement conseillée pour avoir une idée de ce que recèle ce disque) que j'écoute depuis quelques jours.
Des toiles comme un rempart, comme les notes, comme les mots, pour s'abstraire de cette menace extérieure.