dimanche 27 janvier 2008

311 Clic clac : Joseph Arthur : Pictures of life (AlbumBootleg : Rare & Unreleased 200?)



A cause d'une note de Philippe, je suis descendu à la cave samedi matin afin de retrouver la mallette photo de mon père. Je l'avais descendue à la cave il y a quelques années. Je n'ai pas dû faire de photos avec ce matériel depuis 1985 lorsque je me suis acheté un Nikon FA nettement plus moderne. Mais l'évocation de son Minolta m'a donné envie de revoir et de reprendre en main cet appareil. C'est avec lui que j'ai appris (modestement) à faire un peu de photos.

A la mort de mon père en 1980, je me suis senti comme un devoir de mémoire envers ce matériel. Je ne souhaitais pas que cet appareil meure également. Ou, peut être qu'inconsciemment j'espérais retrouver au travers de son viseur un peu du regard de mon père. Cet appareil et les objectifs allant avec ont été mon véritable héritage durant quelques années. Je me suis mis à apprendre tout seul à faire des photos avec.

Je crois me souvenir qu'il l'avait acheté vers 1971. J'en connaissais toutes les commandes pour avoir vu mon père l'utiliser. Je savais, pour l'avoir fait maintes fois, sans déclencher l'appareil, qu'il fallait faire coïncider l'aiguille du posemètre avec le rond dans le viseur en tournant la bague du diaphragme et le bouton de réglage de la vitesse de l'obturateur pour obtenir une exposition correcte.

Jusqu'en 1985 j'ai trimballé cet appareil et ses objectifs un peu partout en faisant des kilomètres de pellicule avec lui. Dans la bande de copains qui partaient en vacances ensemble, durant les multiples fêtes et même durant mon service militaire, j'étais le photographe "officiel". Et puis à partir du moment où je me suis acheté un appareil récent je l'ai rangé dans sa grosse mallette marron tellement lourde. J'ai fini par la descendre à la cave il y a quelques années pour gagner un peu de place dans le placard de l'entrée.

Et puis samedi matin je suis descendu la chercher. Elle était sous plusieurs cartons vides, couverte de poussière, avait pris un peu l'humidité à cause d'une inondation. J'ai tout étalé sur la table de la cuisine pour le nettoyer. J'ai regardé ce matériel en me disant qu'il y avait posé là, un bout d'existence mêlée, entre père et fils, une sorte de lien dans le temps Quelque chose de très matériel et de totalement indicible ,impalpable en même temps. Un peu comme la lumière impressionne la pellicule au travers des lentilles de l'objectif.

Après toutes ces années l'appareil semble en état de marche, le rideau fonctionne, il n'y a pas de tâches sur les lentilles des objectifs et leur diaphragme s'ouvre et se ferme correctement.
Cela m'a donné envie de le réutiliser, à l'heure du numérique automatique et autofocus et rendu immédiat, j'ai envie de refaire quelques photos avec ce vieux bouzin entièrement manuel au viseur sombre. Je pense que je vais aller m'acheter une ou deux bobines de Tri-X (puisqu'il semble que l'on puisse encore en trouver...) histoire de faire quelques clichés avec. En surexposant sous exposant un peu pour compenser la plus que probable fatigue de l'obturateur. Histoire de voir si jamais cela pouvait ralentir juste un peu le temps qui s'écoule...

643 Grey sky (Gentle Despite)

Gentle Despite : Darkest blue (Album : Air balloon road 1990) On a encore perdu la lumière. Temps de campagne anglaise. Jour de vent et de ...