408 Hasta siempre : Spacemen 3 : Revolution (Album : Revolution 1989)
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Je regardais les gens se presser sur la route ce matin, entre les maisons, les arbres. Les gens aux arrêts de bus ou de car, il y a des cars ici comme à la campagne, sur les trottoirs, sur le quai du RER quand je passe sur le pont étroit au-dessus des voies. Les enfants allant à l'école ou attendant, eux aussi, le bus ou le car.
Il était un peu plus de 8h00 et tous ces gens déjà dehors, tirés de leur sommeil. Dans le froid comme une gifle sèche sur la peau parce qu'il faisait froid, j'ai regardé sur le tableau de bord de la voiture il faisait 8°. C'est à peine l'automne et à 8h00 tous ces gens s'en vont vers des endroits qu'ils ne désirent pas.
C'est ça notre vie, aujourd'hui, demain encore. Je n'étais pas né pour ça. Je ne la voyais pas comme ça. "Avant". La vie.
J'ai monté le son des guitares des Feelies pour gommer l'extérieur. Ne plus voir ces gens comme si je me regardais dans un miroir. Eux moi nous tous pareils.
Elle deviendrait comment la ville, si on diffusait la musique de Spacemen 3 dans les rues. Il faudrait distribuer des drogues aussi. J'imagine les plaintes, les habitants affolés déboulant dans les Mairies, les manifestations dans les rues pour faire stopper cette ignominie, les vieux terrassés par des crises cardiaques affalés sur le trottoir, les jeunes Sarkozistes manifestant violement, escaladant les lampadaires pour en décrocher les haut-parleurs, l'armée intervenant.
Sous le regard amusé des freaks, squattant les pelouses.
Comme certains lundis sont difficles...