mercredi 1 octobre 2008

412 Chou préfabriqué : Prefab Sprout : Desire as (Album : Steve McQueen 1985)

    (412)

Les années 80 sont loin. J'en ai pris conscience hier matin bêtement. Sans savoir pourquoi mais comme une évidence subite. Loin les après-midi où l'on écoutait Prefab Sprout. Assis sur l'herbe dans le jardin de Georgio. On écoutait ça tout le temps à la fin de l'été. Le soir tard, en 1985. Il n'y a pas que l'été qui se terminait. Toute une époque aussi. Fin des études, de la fac et de la belle vie finalement. Quelques semaines ou mois plus tard ça serait le travail et moins de temps, beaucoup moins de temps, mais au début c'est nouveau alors on ne s'en plaint pas. Ca vient après, rapidement.

Mais là on s'allongeait sur la pelouse devant la fenêtre de sa chambre et on montait le son pour écouter Prefab Sprout. De toute manière c'était marqué sur la pochette, PLAY LOUD. La 2ème face était idéale sous les étoiles. On la remettait plusieurs fois de suite.
C'est marrant si on regarde la photo de la pochette. Le garçon sur la moto avec la fille qui le sert dans ses bras. Les deux autres autour comme des cons parce que pas de jolie fille pour leur tenir la taille.
On était plutôt de ceux là cette année là. De ceux qui rentrent seuls pendant que l'autre s'en va sur la moto de Steve McQueen avec la fille collée dans son dos. C'est pas grave, ceux là écoutaient Prefab Sprout sous les étoiles des heures durant, en pensant aux filles qui un jour prochain leurs serreraient la taille comme ça.

Et puis l'automne est arrivé, ça a continué mais à l'intérieur, allongés dans la chambre, à refaire le monde, avec ce disque derrière. Le Head on the door des Cure est arrivé ensuite et l'a remplacé, mais dans le souvenir, c'est Steve McQueen qui est resté.

Les visages me sont revenus, les rires, les plaisanteries récurrentes. Des visages disparus ou pas revus depuis longtemps mais ce ne sont plus les mêmes maintenant, le temps est passé par là, a gommé les cheveux des uns, ou les a fait blanchir, fait pousser le ventre des autres, et puis la peau s'est plissée autour des yeux, le visage s'est usé, d'autres ne sont plus là.

Dans le souvenir, les visages et les sourires ont gardé un peu de l'insouciance de ces instants. C'était la fin du stock. Ces jours ensoleillés où l'on écoutait Prefab Sprout tard le soir. On sentait bien, sans l'exprimer, que c'était la fin de quelque chose. On n'en a jamais parlé mais ça flottait dans l'air, comme une présence invisible. On n'a plus fait ça ensuite. Plus comme ça.

Ce ne sont rien que des souvenirs rapides comme les images fugaces défilant derrière mes yeux, le temps des quelques minutes de cet album. Les souvenirs et la musique finalement c'est quelque chose de très personnel et très égoïste.

N'écoutez pas cette chanson, elle ne vous dira rien, elle ne vous plaira pas, sauf si vous l'écoutiez en 1985, allongé sur l'herbe avec de vieux copains, ou avachis sur un canapé avec juste deux bougies pour vous éclairer. C'est juste une vieille chose perdue sous les feuilles d'automne du temps.

(j'ai repensé à ces moments à cause de ça, trouvé juste après m'être dit que les années 80...)

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