jeudi 28 mai 2009

514 Let the Sunn shine in (Sunn o))) & Boris : Etna)


Sunn o))) : Etna (Album : Altar 2006)

Expérience sonique et physique hier soir au concert de Sunn o))). Compte tenu de la taille de la salle (grande halle de la Villette) il fallait s'approcher pour bien ressentir la puissance grondante des infra-basses du mur d'ampli. A moins de trois mètres de la scène on a la sensation d'être broyé de l'intérieur par les lentes fréquences basses des guitares à (très) haut volume sonore.

Au premier accord on a un instant de recul tant le choc est puissant. L'impression d'être en apnée comme si l'air avait disparu. Sous la force des vibrations on sent son corps se comprimer, les poumons rétrécir. Le sol tremble et la secousse tellurique se propage dans tout l'organisme. Les organes semblent être aspirés de l'intérieur par une sorte de trou noir sonique en se liquéfiant. Très impressionnant (on ne s'étonnera pas que dans des petites salles certains s'évanouissent). Il n'y avait pourtant que les deux guitaristes sur scène.
Tout est pourtant d'une grande douceur, d'une grande sérénité, dénué de violence et d'agressivité. On est comme porté et laminé en même temps par la vague sonore. Une sorte de douce oppression.

Moment sonore intense qui ne peut laisser indifférent. Assez curieusement on sort de l'heure de concert détendu, comme nettoyé de l'intérieur par les drones métalliques. L'écoute des albums, même à fort volume, ne permettra jamais d'approcher ces sensations surprenantes.

Dans un article écrit pour Crawdaddy en 75 à propos de Led Zeppelin, William Burroughs évoquait les infra-sons et leur puissance. "Infra-sound sets up vibrations in the body and nervous system. Need these vibrations necessarily be harmful or unpleasant? All music played at any volume sets up vibrations in the body and nervous system of the listener. That’s why people listen to it. [...]Especially interesting is the possibility of rhythmic pulses of infra-sound; that is, MUSIC IN INFRA-SOUND. You can’t hear it, but you can feel it.". Hier soir on avait les deux. Le vieux Bill aurait aimé Sunn o))).


(cette vidéo reflète bien (du moins visuellement)(l'église en moins) le concert d'hier. On pourra toujours sourire du décorum (fumée, costumes) mais curieusement devant la scène lorsque l'on se demande si son coeur ne va pas exploser sous la pression des basses fréquences on n'y prête moins attention)
(Cette musique s'écoute à fort volume sonore, il est donc conseillé de monter le son pour écouter ce morceau. Je décline toute responsabilité en cas de défaillance des enceintes)

643 Grey sky (Gentle Despite)

Gentle Despite : Darkest blue (Album : Air balloon road 1990) On a encore perdu la lumière. Temps de campagne anglaise. Jour de vent et de ...