dimanche 14 juin 2009
522 Reelin' in the years (Steely Dan : Do it again)
Steely Dan : Do it again (Album : Can't Buy a Thrill 1972)
Tu vois ça vient comme ça, toujours par hasard, les trucs du passé. Même quand tu ne veux pas. Surtout quand tu ne veux pas. Tout ça parce que Jay Bennett est mort à un âge où on ne meurt pas, les gens plus jeunes que moi ne devraient jamais mourir.
Alors hier, Any Major Dude de Steely Dan reprise par Wilco et on repart un peu plus de vingt ans en arrière. Ces choses là parfois ne devraient pas être permises.
J'avais le costume du banquier ces années là. Pas le golden boy non. Mais tu es là, dans la banque, tu brasses de l'argent, pas le tien, avec ce qu'ils payaient on aurait pas été loin, tu travailles depuis deux ou trois ans, tu as fait tes études, tu sens ce poids social sur tes épaules, tu te déguises en JCD (jeune cadre dynamique). La panoplie des vanités.
Quelles conneries. Il faudra encore quelques années pour comprendre. Qu'on est juste un pion dans leur jeu comme disait Bob. J'avais costar/cravate et voiture GTI. On y écoutait Steely Dan et David Sanborn sur les routes au soleil. Babylon sister shake it! on trouvait ça si cool sur RFM. Steely Dan aurait mérité mieux.
Steely Dan, un groupe qui tire son nom d'un godemiché dans Le Festin Nu de Burroughs.
Mary is strapping on a rubber penis:
"Steely Dan III from Yokohama," she says, caressing the shaft. Milk spurts across the room.
C'est tout Burroughs ça, ce coté éjaculatoire nacré.
Pas un groupe des années 80. Pur seventies. En dehors de Gaucho, loin d'être le meilleur, et sa cuervo gold and the fine colombian. Le décalage total. On écoutait ça juste pour la souplesse des mélodies, ce coté désabusé Californien. On dit ça maintenant histoire de justifier. Les références littéraires, les paroles intelligentes, ça nous passaient au-dessus de la tête, on s'arrêtait juste au superficiel. 1987. J'en étais nulle part.
Le pire dans tout ça, c'est qu'on se pensait heureux dans une sorte de sociabilité avancée et formatée. Un rêve bien propre avec de l'argent lisse et insipide, entouré de gens aux mêmes qualificatifs. Une autre vie. On en vit plusieurs dans une seule. Elles participent toutes malgré ça à forger celle de l'instant présent.
Steely Dan. Ils dataient d'un paquet d'années ces disques pourtant. J'ai toujours soupçonné Michael Jackson d'avoir pompé Billie Jean sur cette chanson, le rythme, l'articulation des accords, le refrain. Peu importe. C'est peu après cette période que je me suis mis à n'écouter que du jazz ou presque.
Vingt ans plus tard on en garde le goût amer du temps perdu même si on sait que... peut être la même amertume que celles des chansons de Steely Dan. Des petites vieilleries qu'on se garde pour soi de temps en temps, comme on sort de vieilles photos d'une boîte en carton ou de pochettes en papier écornées.
KMS 26/05/2008 (j'ai laissé ces lignes enfermées deux semaines, sans vraiment savoir pourquoi...)
643 Grey sky (Gentle Despite)
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