dimanche 26 juillet 2009

541 Petit Journal III (Lilium : Sense and grief)


Lilium : Sense and grief (Album : Short stories 2003)

Depuis le 21 décembre 2007, j'interviens plus ou moins (souvent moins) quotidiennement dans le Petit Journal pour y raconter ma journée en plus ou moins (souvent plus) deux (2) lignes. Cette deuxième sélection couvre la période du 2 juin au 1er août 2008 (part 1, part 2).

J’ai repensé à cette histoire sous la douche dimanche matin. Il a fallu que je l’écrive immédiatement ensuite. Ca venait tout seul. Penser à passer plus de temps sous la douche. Et après. Je me dis souvent ça. Et après. C’est comme les traînées des avions dans le ciel. Ca s’efface tout seul. Comme si on avait rêvé. L’après se transforme en autre chose.

Du décibel à tout va, la batteuse tapait fort. Je vais finir par être trop vieux pour ça. Mais ça fait encore du bien. J’aime regarder les gens dans le public durant les concerts. Parfois je voudrais les filmer au ralenti. Repensé encore aux paroles de Fensch vallée en lisant les mots sur l’acier. Impression que Bob m’a vidé. Refaire le plein. La voix de Thalia. Toute la journée ou presque. En l’écoutant, je revoyais des paysages défiler derrière la vitre du train où je n’étais pas.

J’ai regardé la dame faire son strip-tease dans une des petites fenêtres de la pochette en souriant. Je regardais la typo de la pochette comme de vieilles photos de gens disparus. On a écouté la 3ème face et puis j’ai fait un clafoutis. J’ai cherché au mauvais endroit sûrement mais ils m’ont tous détourné de mon chemin, même les machines ont courcircuité la fluidité banale de la journée.

Pris le vélo pour aller au bureau ce qui me fait toujours regretter au retour le soir, d’habiter en haut d’une côte. Je crois aussi qu’il faut traîner derrière soi les années en trop et elles pèsent.

J’attends avec impatience l’avancée technologique qui me permettra de connecter, avec une prise, l’arrière de mon cerveau à l’ordinateur avant de m’endormir, et de retranscrire directement dans word tous les mots qui viennent avant de trouver le sommeil. Anthony Gormley me fascine. Ses corps immobiles. Fixes. J’y pensais en regardant la pluie tomber superbement ce midi. Avec l’envie d’être dehors.

Sophie Calle dans la merveilleuse salle Labrouste. Sentiment mitigé. On lynche un peu trop vite ce X. Les Douleurs exquises étaient bien plus fortes. Traversé la seine en vélib ensuite pour me ravitailler en galettes noires. Semaine stressante, comme si on devait compter à la volée le nombre de notes jouées par McCoy Tyner. Avait joué au loto hier. Rien gagné tu penses. Samedi tranquille. Déboucherai une bouteille ce soir, blanche et minérale. Il y a une chanson de Belle & Sebastian qui dit I know where the summer goes. Ils ont de la chance de le savoir.

Esbjörn Svensson est mort. On écoutait souvent son piano le soir, l’été dernier. Ca allait bien avec la lumière du golfe. C’est l’eau qui l’aura pris... Un type qui tire son nom d’une phrase d’un roman de Cormac McCarthy ça impressionne toujours. Il y a des jours comme ça où je me sens tellement détaché, je pourrais m’envoler. Pas de beaucoup, quelques centimètres. Ca suffirait.

Par moment c’est comme de s’enfoncer lentement dans la boue, la sensation de se faire engloutir. Se démener n’y change rien. On se rêve alors aérien. (      ) (le silence ne s’écrit pas alors je l’ai mis entre parenthèses).

John Zorn n’a allumé qu’un petit feu hier soir mais il était réussi (comprendre bruyant et dissonant). Fasciné par le gonflement de ses joues et ses mouvements de gorges pour aspirer l’air tout en continuant à le souffler dans son vieux saxo terni. Il faudrait filmer sa respiration et son souffle au ralenti. Ecouté des stridences et puis... le blanc. Plus rien. Ou trop. Trop de trop. Les heures ont disparu ainsi. Dans le blanc. Le noir est revenu ce soir seulement, dans le ciel. Lourd comme la chaleur.

Elle a dit un cadeau personnel, quelque chose auquel vous tenez. J’ai fait une compil. Pas certain qu’elle écoute de la musique. Ca sera l’occasion. Pas mis un seul morceau vraiment connu sauf si on me lit. Je me demande sa tête quand elle écoutera Animal Collective ou Iva Bittova et son réveil matin qui fait beep beep. Il écoutait quoi au moment de cette photo ? On se souvient souvent de ce que l’on écoute dans le train. Ou alors c’est moi. Et puis on est allé manger au petit restaurant Réunionais en bas de la cote. Rhum arrangé et rougail.

Presque instinctivement, après tous ces grincements, je mets des musiques apaisées. Celles qui font fermer les yeux. Ces deux jours ont fait du bien. Un ciel de calvaire. Une mer de granit. Heureusement l’accalmie éveille la lumière. Un bleu profond comme un gouffre dans le ciel. Des vieux Prince dans la voiture. Les jours défilent. On ne sait plus vraiment. Ce soir j’irai manger quelques huitres face au golfe. Il n’en restera que des instants fugaces comme cela. Et puis le(s) ciel(s).

Rentrés sous la pluie de Vannes au Mans. Incapable de trouver le bon disque durant tout le voyage. Pris d’une obsession "PhildeJonckheeresque", durant les vacances, j’ai pris la mer et le ciel en photo tous les matins et tous les soirs à partir du même endroit. Comme ça. Pour voir. Petit à petit, on sort les affaires des sacs, on remet les choses en place, on lave. Transition entre les vacances terminées et le travail trop vite repris lundi.

Ecouté des musiques d’étés d’il y a bien longtemps. C’est la période qui me fait ça, jamais su pourquoi. Pas vraiment cherché non plus. Air lourd ce soir, Morphine comme un vent chaud sur la peau, comme les pales d’un ventilateur. Le groupe pas l’opiacé. De la musique qui s’évapore comme une trace de pied humide l’été, sur les tomettes rouges d’une cuisine du sud. Après les Tchi pom pommm de la mémoire. Soudain il y a eu de beaux éclairs, mais les tambours du tonnerre étaient trop loins pour vraiment raisonner. C’est là que j’ai mis Lilium, ça allait avec l’odeur de la poussière mouillée.

643 Grey sky (Gentle Despite)

Gentle Despite : Darkest blue (Album : Air balloon road 1990) On a encore perdu la lumière. Temps de campagne anglaise. Jour de vent et de ...