Red House Painters : Katy Song (Album : II (Rollercoaster) 1993)
On vient à peine de prendre la route que déjà on fait une embardée et c'est la sortie de route. Comme dit Neil Young "Your Cadillac has got a wheel in the ditch and a wheel on the track". Cet album date de 1993.
On peut se demander ce qu'il fait là. Mais comme pour le précédent, j'avais accumulé du retard dans les années 90. Ou plutôt j'essayais de rattraper celui que j'avais pris dans les années 80. Du coup je n'ai écouté les Red House Painters avec Ocean Beach qu'en 99. Puis acheté tous les autres consciencieusement, un par un. Dans le désordre. Ce fameux Rollercoaster, c'était en 2000, début 2000. Je l'ai usé toute la première moitié de cette décennie en regardant le monde le front collé à la fenêtre. Peut être aussi parce que ces années là ma vie ressemblait aux montagnes russes abandonnées de la pochette sépia. Des hauts, des bas, des zones en friches...
Dans la musique de Kozelek il y a tout ce que j'aime. La mélancolie nostalgique, la beauté calme, les blessures mal cicatrisées.Les guitares aussi. Paisibles ou hurlantes. Toujours sur un tempo lent, parfois même pesant. La voix bien sûr. Les petites phrases dans les paroles qui font mouche à tous les coups. Tout pour être éternellement amoureux des disques des Red House Painters.
Leur musique c'est une ballade en forêt à l'automne avec seulement le craquement des feuiles mortes sous les pieds. Peut être aussi le vent, qui fait presque perler une larme au coin de l'oeil.
Toutes les chansons de cet album sont remarquables même si les préférences vont à Things mean a lot, Grace Cathedral park, Funhouse, Take me out, New Jersey, Mistress, Dragonflies... Toutes en fait. Toutes. Dont Katy Song.
Kozelek dédie son recueil de paroles Nights of passed over à Katy. Ce n'est pas un hasard. Il ne savait pas, quand il a écrit cette chanson, qu'elle reviendrait. Mais c'est une autre histoire... plutôt triste. Il faut dire qu'avec de telles paroles que j'ai lissées de mon doigt à l'infini, on comprend qu'elle soit revenue. [...] but for some reason you didn't glass on the pavement under my shoe... without you what does my life amount to? . Et les arpèges minimalistes sans fin de la guitare à l'open tuning étrange (D# A# D# G C F), avant que les vocalises de la dernière partie ne déroule leur tapis volant.
Les Red House Painters sortiront un dernier très bon album en 2001, Old Ramon avec le fabuleux Void (feel the void in me now...). Mais ce Rollercoaster est bien plus représentatif de mon début de décennie. Kozelek fondera ensuite Sun Kil Moon et sortira quelques albums sous son nom. Mais de cela on reparlera un peu plus tard...